L’ART ROYAL , TRAHISON ET CLERCS , LES BRISEES DE GRASSET

L'art royal
Auteur(s) ESPALIER LIMOUSIN
Éditeur ESPALIER LIMOUSIN
Date de parution 01/04/2011
Code EAN 978251116322
Rayon Accueil - Produits exceptionnels
Livres
Alchimie
Langue des oiseaux

84.00 

Description

Ce livre, écrit pour des curieux par un curieux de l’image, traite de la polysémie de l’écriture. Celle-ci fut une préoccupation de tous les temps et elle est bien établie dans toutes les traditions fondées sur un texte sacré. C’est l’objet de la rhétorique classique et plus particulièrement de l’art des tropes ou figures de mots. De façon plus générale toutes œuvres imprimées, graphiques, vestimentaires, sculptées ou architecturales étaient surchargées de sens. Cette surcharge tenait d’une part à un facteur économique avec la rareté et la pérennité du support d’affichage, d’autre part à la nécessité de se protéger de la censure et de la coercition sociale, religieuse ou politique. En conséquence un sens évident s’impose à tous, ce sens est d’autant plus ostentatoire que le sens caché est plus irrévérencieux ou plus sacrilège. En contrepartie pour que le message caché reste lisible, le codage est simple et accessible à l’homme averti, clerc ou curieux (ainsi que le dénomme Béroalde de Verville). Jennifer Montagu a démontré qu’au XVIIe ce codage était enseigné, en France et nulle part ailleurs, dans les collèges jésuites et que la peinture officielle régie par Charles Lebrun et ses élèves en est imprégnée. Ce dont témoignent, à l’époque, les articles du Mercure galant.

Ces codes étaient probablement multiformes, cependant Grasset d’Orcet, archéologue et publiciste du siècle dernier, suppose que les sociétés de métiers utilisaient un code simple et universel. Le royaume de mercerie pourrait avoir joué un rôle éminent dans la généralisation de ce code. Ainsi des merciers ruinés et en rupture de ban le communiquèrent aux Gueux, au XVIe siècle, en reconnaissance d’aides reçues.

Cette codification, fondée sur la charade, le rébus et le phonème, est aussi ancien que l’écriture, c’est le mode conventionnel des hiéroglyphes égyptiens ou sumériens. Grasset d’Orcet en suit la trace de l’art grec et chypriote jusqu’aux productions des sociétés d’Ancien Régime. Grasset affirme que ce codage fut, à l’époque médiévale, le secret des clercs vagants ou Gouliards et il démontre ce code dans l’héraldique, l’œuvre de Rabelais, les diverses éditions du Songe de Poliphile, les libelles et dessins satiriques, les livrées et coiffures… et même dans des bizutages et gravures de son temps.

Le premier tome de l’ouvrage est une lecture et une explicitation de l’œuvre de Grasset d’Orcet. Dans le deuxième tome est testée la fécondité de l’heuristique de Grasset d’Orcet et sont recherchés des exemples tant dans les livres d’emblèmes et devises des XVIe et XVIIe siècles, que dans l’œuvre de Swift. Ce codage est particulièrement évident dans les textes qui, au XVIIIe siècle, émanent de la franc-maçonnerie moderne héritière supposée des sociétés de métier. Cet art, identifié ici à l’art royal, devenu inutile avec la liberté d’expression, se serait éteint en raison d’archaïsmes qui rendaient son usage difficile et de plus en plus incompris. L’art savant ou pompier en serait peut-être un dernier vestige. Les allégories de l’iconographie républicaine fondent, pour la France, cette hypothèse de façon exemplaire.

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